lundi 2 février 2009

Les benoîtes

Les benoîtes font partie de la famille des Rosacées.

La Benoîte commune

La Benoîte ou Herbe de Saint-Benoît tire probablement son nom des propriétés de sa racine, astringente et tonique. Pour moi, son allure modeste correspond bien à son nom, car elle ne se fait pas beaucoup remarquer !


Geum urbanum L. Cette plante discrète, de la famille des Rosacées, pousse en bordure des bois et des haies ou le long des chemins ombragés.

Elle fleurit de mai à septembre-octobre, donnant de jolies petites fleurs jaune vif à 5 pétales.


Les graines sont regroupées en tête très caractéristique : leur style* brun-rougeâtre présentent un petit crochet, qui tombe à maturité. Elles sont transportées par les animaux à la toison desquels elles s'accrochent.

La Benoîte des montagnes


Geum montanum L. Elle pousse en montagne, entre 1400 et 2800 m. Elle se distingue de la précédente par des fleurs plus grandes, des feuilles avec une foliole terminale plus développée, et le style des graines est plumeux : les graines sont dispersées par le vent plutôt que par les animaux.

mercredi 28 janvier 2009

Les potentilles

Les potentilles sont de la famille des Rosacées. Le mot potentille vient du latin potens, puissant, car on attribuait une grande efficacité thérapeutique à plusieurs espèces : principalement Potentilla tormentilla mais aussi Potentilla anserina.

La plupart des espèces donnent des plantes fines, aux fleurs élégantes à 4 ou 5 pétales jaunes ou parfois roses ou blancs. Les fruits sont des akènes.

Potentille à courte tige


Potentilla caulescens L. C'est une petite plante très élégante que l'on trouve accrochée dans les anfractuosités des rochers calcaires des montagnes (800 à 2000 m), aux fleurs délicates, aux pétales blanc-rosé s'ouvrant en juillet et août.

Potentille à grandes fleurs


Potentilla grandiflora L. Cette potentille pousse aussi en montagne (1500 à 3000 m). Elle présente des fleurs jaunes assez grandes à 5 pétales, avec des feuilles à 3 folioles vertes en dessus et soyeuses en dessous. Floraison en juillet-août.

Potentille tormentille

Potentilla Tormentilla (L.) Necker. Plante plus ou moins couchée, aux fleurs jaunes assez petites à 4 pétales, aux feuilles souvent sessiles (sans pétiole) à 3 folioles plus deux grandes stipules. Elle fleurit de mai à septembre. On la trouve dans les pelouses et les landes, plutôt sur des terrains acides.

Les rhizomes de cette plante, de couleur rouge, ont longtemps été utilisés comme anti-inflammatoires après séchage : on en fait des infusions contre la diarrhée et les inflammations gastro-intestinales. En usage externe, la décoction peut servir à badigeonner les gencives qui saignent.

Potentille dressée

Potentilla recta L. Plante dressée, pousse en bordure de bois ou pentes rocailleuses, fleurit en juin-juillet.


Belles fleurs assez grandes à 5 pétales en forme de coeur, de couleur jaune pâle à jaune citron.

Potentille rampante

Potentilla reptans L. Tiges rampantes, produisant des racines aux noeuds. Fleur jaune à 5 pétales et feuilles à peu près toutes à 5 folioles. Elle fleurit de juin à juillet. On la trouve dans des sols riches, au bord des cultures et des chemins ou dans les bois clairs.

Potentille ansérine

Potentilla Anserina L. Cette espèce se différencie des précédentes par le nombre de folioles (10 à 25) qui sont bordées de dents nombreuses et aiguës. Les feuilles sont vertes sur le dessus et soyeuses-argentées en dessous.

Fleur grande, jaune vif, à 5 pétales, qui fleurit entre mai et juillet.

Les Prunus

Le genre Prunus contient un grand nombre d'arbres cultivés pour leurs fruits.

Le prunellier
Le prunellier me rappelle des souvenirs d'enfance, quand on allait ramasser les fruits qui laissaient un goût âpre dans la bouche. Leur saveur était plus douce après les premières gelées, qui cuisaient les fruits. Il fallait s'enfoncer avec prudence dans les buissons agressifs : gare aux épines quand on était jambes nues !
Prunus spinosa L. Buisson épineux à rameaux enchevêtrés. Fruit glabre à noyau (appelé drupe), couvert d'une pruine cireuse bleue.

Le prunier


Prunus domestica L. Fruits gros, pendants. Nombreuses variétés. Ici, prune d'Agen, avec des fruits ovoïdes à la pruine bleue.

Prunier myrobolan

Prunus cerasifera Ehrh. Arbre utilisé comme porte-greffe pour des variétés de pruniers et de cerisiers à fruits. Les variétés ornementales (ci-dessus) offrent souvent un feuillage pourpre et des fleurs teintées de rose et sont beaucoup utilisées pour agrémenter bords de rues, parcs et jardins.

Les nombreuses fleurs aux pétales rosés donnent à l'arbre une parure élégante qui se décline en contrepoint du bleu de l'azur lors des belles journées de printemps

Le Pêcher

Que de souvenirs avec cet arbre dont j'ai cueilli les fruits tout un été dans un verger du Tarn et Garonne ! Les anciennes variétés de pays, succulentes mais fragiles à transporter (connaissez-vous la Charles Ingouf ?), tendent à disparaître devant celles, plus commerciales, qui sont aptes à résister aux aléas des circuits de vente.


Prunus Persica (L.) Sieb. et Z. Arbre de petite taille aux gros fruits charnus.

La feuille, pliée en long, est très longue et étroite.

L'abricotier


Prunus Armeniaca L. Il fleurit tôt, entre février et avril, d'où sa sensibilité aux coups de gel.


Fleurs blanches ou lavées de rose.

Fruit jaune-orangé, à peau veloutée.

L'amandier

Prunus Amygdalus (L.) Stokes. Feuilles étroites pliées en long. Fruit vert, oblong, velu. Noyau sillonné de fissures très étroites contenant une amande comestible.
Symbolique : Signe de la renaissance de la nature, cet arbre à la feuillaison printanière est aussi un symbole de fragilité car ses fleurs, ouvertes dès l'arrivée du printemps, sont sensibles au gel tardif. Chez les Grecs, l'amande pressée était comparée à la semence de Zeus, en tant que puissance créatrice. On affirmait même que l'Amandier remontait directement à ce dieu et que son fruit pouvait féconder une vierge indépendamment de l'union sexuelle. Selon une croyance qui a perduré dans certaines régions d'Europe, la jeune fille qui s'endort sous un Amandier en rêvant à son fiancé peut soudainement se réveiller enceinte.

Les Prunus (suite)

Le cerisier



Les cerisiers sont souvent des hybrides de Merisier Prunus avium x Prunus Cerasus. Ce sont des arbres à fleurs blanches, regroupées en grappes courtes.



Ses fleurs élégantes sont très appréciées des abeilles. La floraison a lieu en avril-mai.

Les fruits (les cerises) pédonculés sont des drupes (=fruits à noyaux) de couleur rouge foncé à noir selon les variétés.


Le tronc (ici un merisier en forêt) présente un aspect caractéristique avec sa surface lisse sillonnée de fentes transversales. Le merisier donne un excellent bois d'ameublement, résistant et très esthétique avec ses veines rouges.

Le merisier à grappes


Prunus padus L. C'est un petit arbre poussant en forêt, dont les fleurs sont rassemblées en longues grappes blanches, et dont l'écorce dégage une odeur désagréable.

La floraison s'étend d'avril à juin. Le fruit est une petite drupe noire.


Le cerisier de Sainte Lucie


Prunus Mahaleb L. C'est un arbrisseau à la feuille plus courte que le cerisier, que l'on rencontre dans les bois ou les coteaux calcaires.

Les fruits sont de petites drupes noires à maturité, au goût amer.


Le laurier-cerise




Prunus laurocerasus L. C'est un arbuste aux feuilles persistantes rappelant celles du laurier-sauce. Ses fleurs blanches sont disposées en grappes et donnent de petites cerises noires. Celles-ci sont toxiques car elles contiennent de l'acide cyanhydrique.

Pommier, Poirier, Pyracantha

Les Pommiers

Les pommiers, comme les poiriers, sont des arbres fruitiers de la famille des Rosacées.


Le pommier sauvage



Malus silvestris, petit arbre aux feuilles adultes glabres sur les deux faces. Fruit charnu (pomme). On le trouve dans les bois et les haies.

Le pommier cultivé



Malus domestica, feuilles restant pubescentes en dessous à l'état adulte. Il en existe de très nombreuses variétés.


Jolie fleur à pétales rosés sur la face externe. Floraison en mai-juin.
Symbolique : le Pommier est l'objet de plusieurs croyances, dont celles de procurer la sagesse, d'améliorer les connaissances et d'acquérir l'immortalité. Son fruit est identifié depuis très longtemps comme un fortifiant et comme un remède préventif contre la maladie. À cet effet, souvenons-nous du vieux proverbe anglo-saxon : "An apple a day keeps the doctor away" qu'on pourrait traduire : "Une pomme par jour et vous n'aurez pas besoin du docteur."

Le Poirier cultivé
Pyrus communis. Non épineux. Fleurs blanches à 5 pétales. Fruit (poire) charnu et sucré, à chair contenant des granules pierreux.



Tronc à écorce caractéristique. Bois dur apprécié en ébénisterie.

Le Pyracantha

Ou Buisson-ardent, fait partie lui aussi de la famille des Rosacées.

Pyracantha coccinea Roemer. C'est un arbuste épineux à fruits rouges écarlates, qui persistent pendant l'hiver ainsi que les feuilles. On le rencontre dans les bois et les haies, il fleurit au mois de mai.

dimanche 14 décembre 2008

Les arbres en hiver

J’aime me promener dans la forêt en toute saison et contempler les arbres ; ils nous offrent un spectacle sans cesse renouvelé. Contrairement aux apparences, la forme de l’arbre n’est pas constante et immuable, elle change et évolue constamment... mais évidemment son échelle de temps n’est pas la nôtre !

L’avez-vous déjà remarqué ? On peut souvent avoir une idée de l’espèce d’arbre à quoi l'on a affaire simplement en regardant sa forme générale, à condition, bien sûr, que cet arbre n’aie pas été taillé par l’homme mais ait eu la possibilité de croître librement.

En période hivernale, beaucoup d’arbres de nos contrées perdent leurs feuilles, et cela nous permet de discerner leur architecture, les formes que prennent leurs branches et qui leur confèrent leur silhouette particulière.

Pour chaque espèce d’arbre, et même pour chaque individu, c’est un peu comme une personnalité qui se dévoile alors. Observons par exemple ici la silhouette de deux jeunes châtaigniers, photographiés dans une forêt de l’ouest parisien :

Châtaignier
L’allure est vigoureuse, le tronc est élancé et les branches du sommet dessinent une cime régulière, avec des branches et branchettes harmonieusement réparties dans l’espace. On remarque que, plus bas en descendant le long du tronc, les branches intermédiaires se dessèchent et meurent, faute d’un éclairement suffisant. Ces châtaigner présentent une grande simplicité de port : remarquez comment les branches croissent régulièrement et se dirigent directement vers la lumière, sans beaucoup d’hésitation ; il en résulte une certaine élégance.

Si nous observons maintenant des peupliers – à conditions bien sûr qu’ils n’aient pas été taillés récemment, car dans ce cas leur silhouette est complètement artificielle – nous constatons que la tendance est à la ligne droite. Rien ou presque ne vient entraver la croissance vers le ciel : dès qu’elles naissent du tronc, les branches s’incurvent vers le haut et poussent quasiment à la verticale. C’est ce type de croissance qui donne aux peupliers d’Italie leur silhouette si caractéristique et assez unique parmi les arbres de nos forêts.

Peuplier d'Italie
Si l’on s’amusait à attribuer une personnalité aux arbres en fonction de leur aspect hivernal, je dirais pour ma part que le peuplier représente une certaine simplicité, une droiture qui, à la limite, confinerait à la rigidité.
Ce port n’a rien à voir avec l’allure générale du chêne, photographié ici dans la même forêt :

Chêne sessile
Celui-ci dessine l’image d’une personnalité bien plus complexe. Voyez comme ses branches – les plus fines tout autant que les branches maîtresses – ne se tendent pas directement vers la lumière mais se tordent, partent à droite, hésitent puis repartent à gauche, semblant exécuter un certain nombre de contorsions dans l’espace. Le chêne, à l’allure si ferme et imposante lorsqu’il se pare de son feuillage, nous paraît beaucoup plus torturé lorsqu’il en est dépouillé...
Est-ce vraiment de l’hésitation ? Le chêne serait-il un grand timide, sous ses apparences conquérantes ? Ou bien les méandres dessinés par ses branches seraient-elles l’indice d’une personnalité astucieuse, voire calculatrice et contestataire ? Le chêne si vénéré des Français aurait-il quelque ressemblance avec l’âme de nos compatriotes ? A chacun de se faire son opinion ; mais, pour moi, le chêne est une illustration très réaliste de ce que nous sommes parfois...

vendredi 12 décembre 2008

Les rosiers ou églantiers

Les rosiers ou églantiers (genre Rosa, famille des Rosacées) sont les plantes sauvages qui ont donné naissance aux roses, lesquelles ont été sélectionnées pendant des siècles à partir de souche d'origine orientale, pour obtenir les centaines de variétés que l'on connait actuellement.

La rose, appréciée de tout temps pour sa beauté et sa forme si caractéristique, est probablement la fleur pour laquelle les horticulteurs ont le plus travaillé pour créer des milliers de variétés différentes. La fleur est douce et colorée, ses pétales duveteux ou lisses rappellent la texture de la peau. Ses couleurs se déclinent en blanc, en jaune, en rose ou dans une gamme de rouges éclatants, mais aussi en bleu et en noir. Ses parfums épicés, enivrants ou légers en ont fait la fleur la plus célèbre, celle que l'on peut offrir en toute occasion. Protégée par des épines, elle symbolise la beauté, le secret, l'amour, la vie, le sang, la mort et la renaissance.

Dans la mythologie grecque, on dédiait la rose à Aphrodite ; chez les Romains, on la dédiait à Vénus, toutes deux déesses de la beauté.

Dans la symbolique chrétienne, la rose blanche est liée à la Vierge Marie, qui est « Rose du ciel », et c’était un symbole médiéval de virginité. On a dit que la rose rouge a poussé à partir du sang du Christ et ce serait donc le symbole du martyre, de la charité et de la résurrection.

Dans l'Islam, la rose représente la beauté masculine et le sang de Mohamed, aussi bien que ses deux fils. La rose de Bagdad représente la loi, le chemin et la connaissance, ensemble symbolisant la vérité et Allah.

Les boutons de rose représentent l'enfance innocente.
Selon leur couleur, les roses peuvent avoir diverses significations : la rose rouge est sûrement la plus connue, symbole d'une passion torride, charnelle et d'un amour ardent sans limite. La rose jaune représente le mensonge, la trahison, pour se faire pardonner une infidélité. La rose blanche, quant à elle, symbolise la pureté, la virginité, l'innocence. Elle peut également être le symbole d'un amour pur, platonique, l'amour courtois, le silence et l'intérêt. Mais saviez-vous que la rose bleue symbolise le mystère, l'attente, la patience et l'impossible, que la rose rouge et blanche indique l'union des contraires et que la rose dorée représente la perfection ? Et pour finir, la rose noire qui symbolise la passion fatale et plus généralement... la mort !

La rose est le symbole national de la Grande-Bretagne ; en héraldique, la rose est la "brisure" c'est à dire le signe conventionnel utilisé pour le blason du septième fils.

Dans le cadre de notre promenade, nous n'examinerons que des rosiers sauvages.

Savez-vous que les rosiers peuvent vivre extrêmement longtemps ? On cite des rosiers qui auraient atteint l'âge vénérable de 1000 ans !

Certains rosiers gardent leurs feuilles pendant l'hiver.

C'est le cas du rosier à feuilles persistantes, Rosa sempervirens L. (la photo ci-dessus a été prise en janvier). Il pousse dans les haies en terrain sec dans la moitié sud de la France. Il fleurit en mai-juin.

La plupart des autres espèces perdent leurs feuilles en hiver.


Le rosier des champs, Rosa arvensis L., a de longues tiges rampantes ou accrochées à la végétation. Ses feuilles sont glabres, avec 5 à 7 folioles. Belles fleurs aux pétales très blancs, aux sépales courts qui tombent à la fructification. Les styles* sont soudés en une colonne au centre de la fleur. On le trouve communément dans les bois ou les clairières. Floraison en juin-juillet.

Le rosier à feuille de pimprenelle, Rosa pimpinellifolia L., présente sur les tiges des aiguillons grêles et droits. La fleur est de couleur blanc-jaunâtre ou rose et s'épanouit en mai-juin.

Le fruit, très caractéristique, est rond, lisse, de couleur vive (rouge ou violacé) et surmonté des sépales qui demeurent dressés au sommet. Cette espèce se trouve dans les lieux secs et ensoleillés.